Kilimandjaro en moins de 24h sans acclimatation : mon expérience inspirée par Wim Hof
Tout a commencé en 2019.
À ce moment-là, un projet est lancé avec Wim Hof :
-gravir le Kilimandjaro en moins de 24 heures avec un groupe.
Le défi est prévu pour 2020.
Puis le COVID arrive.
Le projet est reporté à 2021.
Puis annulé.
Et là, je prends un vrai coup.
Une promesse que je ne voulais pas abandonner
Wim et moi écoutant Sankalé le chef Massai.
En 2021, je me retrouve chez Wim.
Et c’est là que tout bascule.
Je rencontre une association : Back to Nature.
Une organisation liée à une communauté Massaï, engagée pour :
la protection de la faune et de la flore
l’aide aux enfants et aux orphelins
Je rencontre les fondateurs.
J’'en suis maintenant ambassadeur..
On échange.
Et sans vraiment le formaliser, une promesse naît.
Une promesse que je fais :
à Wim
à l’association
et à moi-même
faire cette ascension malgré tout
Wim me dit simplement :
“Fais-le tout seul pour l’association.”
C’est à ce moment-là que le projet devient réel.
Projet et réunion au sommet avec Wim et l’association Back to Nature.
Une ascension en moins de 24 heures
10 septembre 2022 j’arrive au sommet :
19h43
32,72 km parcourus
3819 mètres de dénivelé positif
Sommet à 5895 mètres (Uhuru Peak)
Je suis parti :
sans sommeil
sans nourriture
sans aucune acclimatation
en short et torse nu pendant une grande partie de l’ascension
en utilisant uniquement la respiration Wim Hof
Uhuru Peak, le sommet de l’afrique
La voie Marangu : normalement 5 à 6 jours
L’ascension s’est faite par la voie Marangu.
Habituellement :
5 à 6 jours d’ascension
des nuits en altitude
une montée progressive
Pas pour moi ..
- montée directe
- aucun palier
-aucune adaptation
-beaucoup de foie en mon corps et les enseignements de Wim.
Pourquoi l’acclimatation est essentielle
À 5895 mètres, l’air contient toujours 21 % d’oxygène.
Mais la pression atmosphérique chute fortement.
Résultat : chaque respiration apporte beaucoup moins d’oxygène au corps.
À cette altitude, on estime que le corps dispose d’environ 50 % de l’oxygène du niveau de la mer.
Sans acclimatation :
fatigue extrême
perte de lucidité
mal aigu des montagnes
Dans la continuité de Wim Hof
En 2014, Wim Hof emmène un groupe sur le Kilimandjaro.
Résultat annoncé :
92 % atteignent le sommet
en environ 48 heures
avec des personnes atteintes de maladies (SEP, Crohn, etc.)
L’objectif était de montrer que :
respiration + mental + froid influencent la réponse du corps
Ce que j’ai fait différemment
Mon ascension pousse cette logique encore plus loin :
moins de 24 heures
aucune acclimatation
exposition au froid (short)
effort continu
À ma connaissance, ce type d’ascension n’avait jamais été réalisé ainsi, en dehors des expériences extrêmes de Wim lui-même.
Je n’ai jamais envisagé d’abandonner
Promesse tenue avec Wim Hof et Sankalé le chef MassaÏ
La question ne s’est jamais posée.
Je ne me suis jamais demandé si j’allais arrêter.
Pourquoi ?
parce que ce n’était pas seulement un défi personnel
C’était une promesse.
Une cause.
Quand quelque chose compte plus que toi, certaines pensées disparaissent.
La seule vraie question était :
“Est-ce que je vais réussir en moins de 24 heures ?”
La respiration comme fil conducteur
Pause respiration au premier sommet (Gilman point 5685m alt)
Pendant toute l’ascension :
la respiration
Pas comme un concept.
Comme un outil.
Pour :
rester calme
avancer
gérer l’effort
palier et prevenir au manque d’oxygène
Par moments, il ne restait que ça :
une respiration… puis un pas
une respiration… puis un pas
Le sommet : l’émotion avant tout
Pas de célébration au sommet, juste de l’émotion
À 5895 mètres, au sommet du Kilimandjaro…
Ce n’est pas la performance qui revient.
C’est l’émotion.
La promesse tenue.
Les années d’attente.
Je me suis mis à pleurer.
Et ça a continué pendant la descente.
La descente : l’autre moitié du défi
On pense que tout est fini au sommet.
Mais il reste encore à redescendre.
Et parfois, c’est aussi dur.
Surtout avec une cheville qui bat de l’aile depuis mes 20ans..
Sans parler des 100kilos qu’elle soutient pendant les 11h de descente.
Je me promet de jamais y retourner..
Les vrais héros
Cette ascension n’aurait jamais été possible sans :
Samson Daniel et Emmanuel.
Des guides au grand coeur sans qui rien ne serai possible.
Voir l’ascension en Vidéo
Il m’a fallu 4ans pour en parler. Dans cette vidéo j’explique pourquoi.
Parler face caméra , même avec Paola était aussi challengeant que le Kili, un sacré défi
Alors hesites pas à liker et soutenir ce beau travail réalisé par Paola notre Instructrice vénézuelienne préférée.
Une expérience qui change la perception des limites
Je ne recommande pas de reproduire ce défi.
Mais cette expérience m’a appris une chose essentielle :
les limites ne sont pas toujours là où on pense
Et parfois…
elles reculent quand ce que tu fais compte vraiment.
Et le pire dans tous ça , c’est que je l’ai refais , l’année suivante , avec un groupe..
Mais ça ce sera pour une autre fois.
Merci d’être là .
Léandre

